Phlébite

La phlébite est un trouble cardiovasculaire qui correspond à la formation d'un caillot de sang dans une veine. Ce caillot bloque complètement ou partiellement la circulation sanguine dans la veine, comme un bouchon.
En fonction du type de veine touchée (profonde ou superficielle), la phlébite est ou moins grave. Ainsi, si le caillot se forme dans une veine profonde, de gros calibre, un traitement doit être prodigué de toute urgence.

Dans l’immense majorité des cas, la phlébite se forme dans une veine des jambes, mais elle peut apparaître dans n’importe quelle veine (bras, abdomen...).
Les phlébites surviennent souvent à la suite d’une longue immobilisation, par exemple, après une chirurgie ou en raison d’un plâtre.

Notons que dans le milieu médical, la phlébite est désignée par le terme thrombophlébite ou thrombose veineuse (phlebos signifie « veine » et thrombus, « caillot»). On parle donc de thrombose veineuse profonde ou superficielle.

Comment reconnaître une phlébite ?

Il importe de bien distinguer les 2 types de phlébite, aux conséquences et aux traitements fort différents.

La phlébite superficielle

Dans ce cas, le caillot sanguin se forme dans une veine de surface. Il s’agit de la forme la courante, qui touche surtout les personnes qui ont des varices. Elle s’accompagne d’une inflammation de la veine et occasionne douleur et inconfort. Bien que la phlébite superficielle puisse sembler anodine, on devrait la considérer comme un signal d’alarme. En effet, elle est généralement un signe d’insuffisance veineuse avancée pouvant conduire à une phlébite profonde.

La phlébite profonde

Lorsque le caillot sanguin se forme dans une veine profonde dont le débit sanguin est important, la situation est dangereuse puisque le caillot risque de se détacher de la paroi de la veine. Porté par le flux sanguin, celui-ci peut alors traverser le coeur, puis obstruer l’artère pulmonaire ou une de ses branches. Cela entraîne alors une embolie pulmonaire, un accident potentiellement fatal. Le souvent, ce type de caillot se forme dans une veine du mollet.

Consulter en détails les symptômes de la phlébite 

Phlébite : tout comprendre en 2 min

Qui est touché par la phlébite ?

La phlébite profonde touche de 1 personne sur 1 000 chaque année. Au Québec, on compte environ 4 700 cas par an6. Heureusement, des stratégies de prévention efficaces permettent de diminuer la fréquence des embolies pulmonaires et des décès associés aux phlébites profondes.

Personnes à risque

  • Les personnes qui souffrent d’insuffisance veineuse ou qui ont des varices ;
  • Les personnes qui ont déjà souffert de phlébite, ou dont un membre de la famille a déjà souffert de phlébite ou d’embolie pulmonaire. Après une première phlébite, le risque de récidive est multiplié par 2,5 ;
  • Les personnes qui subissent une chirurgie importante et doivent, par conséquent, demeurer alitées ieurs jours (par exemple, une chirurgie à la hanche) et celles qui doivent porter un plâtre ;
  • Les personnes hospitalisées en raison d’une crise cardiaque, d’une insuffisance cardiaque ou d’une insuffisance respiratoire ;
  • Les personnes qui ont un stimulateur cardiaque (pacemaker) et celles à qui on a posé un cathéter dans une veine pour traiter une autre maladie. Le risque est alors grand qu’une phlébite apparaisse dans un bras ;
  • Les personnes atteintes d’un cancer (certains types de cancers causent la coagulation du sang, en particulier ceux du thorax, de l'abdomen et du bassin). Ainsi, on estime que le cancer multiplie par 4 à 6 le risque de phlébite. De , certains médicaments utilisés en chimiothérapie accroissent le risque de caillot ;
  • Les personnes ayant une paralysie des jambes ou des bras ;
  • Les personnes atteintes d’une maladie de coagulation du sang (thrombophilie) ou d’une maladie inflammatoire (colite ulcéreuse, lupus, maladie de Behçet...) ;
  • Les femmes enceintes, surtout en fin de grossesse et juste après l’accouchement, voient leur risque de phlébite multiplié par 5 à 10 ;
  • Les personnes souffrant d’obésité ;
  • Le risque de phlébite augmente très fortement avec l’âge. Il est multiplié par 30, de 30 ans à 80 ans.

Facteurs de risque

  • Rester dans une position immobile pendant ieurs heures : travailler en étant debout longtemps, faire de longs trajets en voiture ou en avion, etc. Les voyages de de 12 h augmentent tout particulièrement le risque. Dans l’avion, la pression de l’oxygène légèrement faible et la sécheresse de l’air semblent accroître le risque davantage. On parle même de « syndrome de la classe économique ». Le risque demeure toutefois minime : 1 personne sur 1 million2.
  • Chez les femmes, la prise d’un traitement d’hormonothérapie de remplacement à la ménopause ou de contraceptifs oraux est un facteur de risque, car ces médicaments augmentent la coagulation du sang. La contraception orale multiplie le risque de phlébite par 2 à 6
  • Tabagisme.

Quelles sont les causes de la phlébite ?

Bien qu’on n’en connaisse pas toujours les causes, la phlébite est généralement liée à 3 facteurs majeurs :

  • Le sang qui stagne dans une veine, au lieu de circuler de façon fluide (on parle de stase veineuse). Cette situation est typique de l’insuffisance veineuse et des varices, mais elle peut aussi être due à une immobilisation prolongée (plâtre, alitement...) ;
  • Une lésion dans la paroi d’une veine, provoquée par le port d’un cathéter, par une blessure, etc. ;
  • Le sang qui coagule facilement (certains cancers et certaines anomalies génétiques, par exemple, rendent le sang visqueux). Les traumatismes, la chirurgie, la grossesse peuvent aussi réduire la fluidité du sang et augmenter le risque de caillot.

Chez environ la moitié des personnes qui en sont atteintes, la phlébite survient spontanément sans que l’on puisse l’expliquer. Néanmoins, des facteurs de risque ont été découverts. Voir Personnes à risque et Facteurs de risque.

Quelles complications possibles ?

Le risque principal de la phlébite profonde est la survenue d’une embolie pulmonaire. Cet accident survient lorsque le caillot de sang qui s’est formé dans la jambe se détache, « voyage » jusqu’aux poumons et vient obstruer l’artère pulmonaire ou une de ses branches. Ainsi, de 70 % des cas d’embolie pulmonaire sont causés par un caillot sanguin initialement formé dans une veine des jambes.

En outre, lorsqu’une veine profonde est touchée, des symptômes d’insuffisance veineuse peuvent survenir, par exemple un gonflement persistant des jambes (oedème), des varices et des ulcères aux jambes. Ces symptômes résultent de l’endommagement des valvules par le caillot sanguin. Les valvules sont des sortes de « clapets » qui empêchent le sang de refluer dans les veines et facilitent sa circulation vers le coeur (voir le schéma au début de la fiche). En termes médicaux, il s’agit d’un syndrome post-phlébitique. Comme la phlébite touche souvent une seule jambe, ce syndrome est habituellement unilatéral.

Quant à la phlébite superficielle, elle a longtemps été considérée comme sans gravité. Cependant, ieurs études récentes montrent que la phlébite superficielle « cache » souvent une phlébite profonde qui risque de passer inaperçue. En 2010, une étude française menée sur près de 900 patients a même montré que 25 % des thromboses veineuses superficielles s’accompagnaient d’une phlébite profonde ou d’une embolie pulmonaire5.